L’alchimie dans « l’Œuvre au noir » de Marguerite Yourcenar, une interprétation.

L’alchimie est une discipline qui recouvre un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux. L’un des objectifs de l’alchimie est le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, notamment des métaux « vils » comme le plomb, en métaux « nobles »  comme l’argent, l’or. Un autre objectif classique de l’alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie.

Article paru dans profondeur de champs,

lien ici

Documentaire intéressant, mais quelquechose manque. Une absence éloquente : Comment la transition s’est faite entre cananéens et israelites ?  Ceux qui me connaissent le savent.

Très bon documentaire. Mais quelquechose manque. Une absence éloquente : comment la civilisation est arrivée en Grèce  ? :) Ceux qui me lisent le savent.

Nouveau blog.

Chroniques et essais - http://laffranchi.tumblr.com/ - Textes pour tous et pour personne.

staceythinx:

Jaw-droppingly beautiful work by Thai photographer Weerapong Chaipuck

(via inthenoosphere)

En un sens, tout est magie : magie la science des herbes et des métaux qui permettent au médecin d’influencer la maladie et le malade; magique la maladie elle-même, qui s’impose au corps comme une possession dont celui-ci parfois ne veut pas guérir; magique le pouvoir des sons aigus ou graves qui agitent l’âme ou au contraire l’apaisent; magique surtout la virulente puissance des mots presque toujours plus forts que les choses et qui explique à leur sujet les assertions du Sepher Yetsira, pour ne pas dire de l’Evangile selon saint Jean. Le prestige qui entoure les princes et se dégage des cérémonies d’église est magie, et magie les noirs échafauds et les tambours lugubres des exécutions qui fascinent et terrifient les badauds encore plus que les victimes. Magiques enfin l’amour, et la haine, qui impriment dans nos cerveaux l’image d’un être par lequel nous consentons à nous laisser hanter.

Zénon dans L’oeuvre au noir, M. Yourcenar.

La vie est un songe, Calderon de la Barca

SIGISMOND. Pourquoi donc montrez-vous cet étonnement ?… Puisque c’est un songe qui m’a réformé, je crains de me réveiller et de me voir une seconde fois dans ma triste prison. Autrement, je ne me plaindrais pas du rêve que j’ai fait ; car j’ai appris par là que tout bonheur en ce monde passe comme un songe, et je veux profiter du mien pendant qu’il en est temps… (Au public.) En vous demandant pour nos fautes l’indulgence et le pardon que l’on doit attendre des nobles cœurs.

Acte III, Scène III.

Les Ménines de Vélazquez comme représentation de la représentation selon Michel Foucault (Les mots et les choses).

Les Ménines de Vélazquez comme représentation de la représentation selon Michel Foucault (Les mots et les choses).

La Quadrature du cercle

Par hasard, la fusion des précédents logos suridéalistes (La Terre vue de nuit 1 et 2) a abouti à ce symbole simple, un cercle affleurant un carré.

En Orient comme en Occident, le carré représente traditionnellement la terre, la matière, le réel, le fini. Le cercle représente traditionnellement le ciel, l’esprit, l’idée, l’infini. La fusion des deux symboles et la légère inflexion de la matière par l’esprit devait illustrer à la fois le mouvement, la croissance et le concept de sur-idéalisme.

La providence est espiègle parfois, et le lendemain sur Google, j’apprends que ce symbole peut être interprété comme celui de la Quadrature du cercle : l’illustration de la transcendance de Pi. Cet antique problème fut présenté en Occident par le premier des philosophes d’Occident dont on a souvent parlé ici : Pythagore de Samos, le gréco-phénicien.

Le problème de la quadrature du cercle est le suivant : Comment déterminer, à partir d’un carré donné, un cercle de surface égale ?

Après des millénaires de tentatives, il a été prouvé en 1882 qu’il est strictement impossible de déterminer un cercle d’aire égale à un carré donné, car Pi n’est pas algébrique, Pi est transcendant. Pourtant, il existe, bien qu’il soit impossible à déterminer. L’intuition et l’expérience deviennent donc les seuls outils capables de nous mener à la solution. Ce mystère est une parfaite illustration de l’existence de ces champs d’intersection à l’origine du regard dont il est ici question. L’énigme de la quadrature du cercle démontre qu’il existe des points qu’on ne peut atteindre avec la seule logique, des points où le corps et l’esprit se rejoignent, où la matière et l’idée ne se distingue plus l’un de l’autre, où le réel et l’idéal s’entremêlent comme s’ils ne faisaient plus qu’un.

La quadrature du cercle est tout autant un problème géométrique qu’un exercice spirituel symbolisant la symbiose du terrestre (le carré) et du céleste (le cercle); au Moyen Âge, on voit dans la quadrature du cercle un savoir secret qui donnerait accès au divin. Le centre du cercle, c’est l’Un, l’origine, le principe, Dieu. Du centre rayonne l’énergie de l’esprit ; le cercle est donc le monde céleste, l’éternité, la transcendance. Le carré, c’est l’univers créé, la stabilité terrestre et le mouvement, l’équilibre dynamique obtenu par la composition et la décomposition des quatre éléments. Fusionner le cercle et le carré, c’est non seulement associer le visible et l’invisible, mais c’est aussi opérer le passage du sensible vers une transcendance divine numérique. En l’occurence, Pi.

Ce symbole est donc celui de la création au sens large, celui de la croissance, qui permet de vivre intimement le lien entre l’humain et le divin, ainsi qu’il est gravé sur la Table d’Emeraude, le tout premier des posts de ce blog.

Une nouvelle fois, le hasard fait bien les choses :)

Marc-Aurèle, Pensées à moi-même, Livre IV.

Contre quoi t’irrites-tu? Contre la méchanceté des hommes? Réfléchis donc à cette loi d’après laquelle les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres, que la tolérance est une partie de la justice, que les péchés sont involontaires; et puis, combien d’hommes déjà, après avoir détesté, soupçonné et haï, couchés à terre d’un coup de lance ne sont plus que poussière. Réfléchis, et cesse enfin de te plaindre. T’irrites-tu de la part qui t’est faite dans le tout? Rappelle-toi la disjonction : ou la providence, ou les atomes, et par quels arguments nous avons démontré que l’univers est une cité. La matière va-t-elle encore te tourmenter? Songes-y, que le souffle vital soit doucement ou violemment agité, la raison discursive ne s’y mêle pas, dès qu’elle s’est affranchie pleinement et qu’elle a reconnu sa propre puissance.

Marc-Aurèle, Musée du Louvre

Marc-Aurèle, Musée du Louvre

(Source: kindbirthhahn)

"Ce qui est né de la terre retourne à la terre, ce qui est issu d’un germe de l’éther retourne à la voûte céleste" dit Euripide dans ses Fragments.

"Voilà ou bien la dissolution des enlacements des atomes, ou bien, à peu près, la dispersion des éléments impassibles" ajouta Marc-Aurèle dans le livre VII de ses Pensées pour moi-même.

L’ombre de la rose et la déchirure du voile

La rose orientale, épineuse, excelle dans ces jeux de lumière et d’ombre : un regard à peine fuyant, une capuche relevée, une ombre sur un visage,  et ce tissu qui chute sur le galbe d’une épaule. Cette science du clair-obscur me parait être le siège de la féminité depuis les palais du Bengale jusqu’aux plaines andalouses. Cette obsession des jeux de lumière est un atavisme moyen-oriental, à la fois superbe et inquiétant, simple et sophistiqué. La nuit est peut-être la paupière du jour, disait Omar Khayyam.

Je crois que l’ancêtre du hijab est né, à l’origine, d’une relation intime entre ces peuples et les rayons du soleil, avant l’Islam, en Egypte et à Babylone. Dans les déserts du Proche-Orient, ces femmes ont certainement appris à dompter la lumière comme un marin dompte le vent. L’Alchimie d’Hermès, de Geber et d’Avicenne a du se construire elle-aussi sur cette perception duale faite de matière et d’éther. A mes yeux, le niqab d’aujourd’hui n’a plus aucun sens. L’esprit s’y est perdu, déséquilibré, le voile est devenu opaque et le clair-obscur n’est plus qu’obscur.

Heureusement, il existe toujours des hommes et des femmes d’Islam pour perpétuer cet esprit de mesure, d’harmonie et de lumière millénaire. Ces jeux troubles qui nous permettent de ne pas oublier encore, le Zahir et le Batin qui m’obsédaient quand je l’ai rencontrée pour la première fois, ces deux noms d’Allah, l’apparent et le caché, qui engendrent par leur mariage non seulement la beauté du monde, mais également toute réalité.



Diana Lange’s work. Made with Processing.
Experiments with chaos (random () & noise ()) and order.

Diana Lange’s work. Made with Processing.

Experiments with chaos (random () & noise ()) and order.