Par hasard, la fusion des précédents logos suridéalistes (La Terre vue de nuit 1 et 2) a abouti à ce symbole simple, un cercle affleurant un carré.
En Orient comme en Occident, le carré représente traditionnellement la terre, la matière, le réel, le fini. Le cercle représente traditionnellement le ciel, l’esprit, l’idée, l’infini. La fusion des deux symboles et la légère inflexion de la matière par l’esprit devait illustrer à la fois le mouvement, la croissance et le concept de sur-idéalisme.
La providence est espiègle parfois, et le lendemain sur Google, j’apprends que ce symbole peut être interprété comme celui de la Quadrature du cercle : l’illustration de la transcendance de Pi. Cet antique problème fut présenté en Occident par le premier des philosophes d’Occident dont on a souvent parlé ici : Pythagore de Samos, le gréco-phénicien.
Le problème de la quadrature du cercle est le suivant : Comment déterminer, à partir d’un carré donné, un cercle de surface égale ?
Après des millénaires de tentatives, il a été prouvé en 1882 qu’il est strictement impossible de déterminer un cercle d’aire égale à un carré donné, car Pi n’est pas algébrique, Pi est transcendant. Pourtant, il existe, bien qu’il soit impossible à déterminer. L’intuition et l’expérience deviennent donc les seuls outils capables de nous mener à la solution. Ce mystère est une parfaite illustration de l’existence de ces champs d’intersection à l’origine du regard dont il est ici question. L’énigme de la quadrature du cercle démontre qu’il existe des points qu’on ne peut atteindre avec la seule logique, des points où le corps et l’esprit se rejoignent, où la matière et l’idée ne se distingue plus l’un de l’autre, où le réel et l’idéal s’entremêlent comme s’ils ne faisaient plus qu’un.
La quadrature du cercle est tout autant un problème géométrique qu’un exercice spirituel symbolisant la symbiose du terrestre (le carré) et du céleste (le cercle); au Moyen Âge, on voit dans la quadrature du cercle un savoir secret qui donnerait accès au divin. Le centre du cercle, c’est l’Un, l’origine, le principe, Dieu. Du centre rayonne l’énergie de l’esprit ; le cercle est donc le monde céleste, l’éternité, la transcendance. Le carré, c’est l’univers créé, la stabilité terrestre et le mouvement, l’équilibre dynamique obtenu par la composition et la décomposition des quatre éléments. Fusionner le cercle et le carré, c’est non seulement associer le visible et l’invisible, mais c’est aussi opérer le passage du sensible vers une transcendance divine numérique. En l’occurence, Pi.
Ce symbole est donc celui de la création au sens large, celui de la croissance, qui permet de vivre intimement le lien entre l’humain et le divin, ainsi qu’il est gravé sur la Table d’Emeraude, le tout premier des posts de ce blog.
Une nouvelle fois, le hasard fait bien les choses :)